jeudi 12 février 2009

peur ?

J'ai vécu hier une drôle d'expérience :

Nous avions un TD d'éthique professionnelle. En gros ce truc parle de prise de responsabilité et de culpabilité (de soi ou des autres..en résumé, quand il y a culpabilisation, il y a rejet de sa responsabilité).
Si tu veux faire l'expérience que j'ai faite hier, je te donne les règles.(ne triche pas, fais le jeu avant de lire ce qui suit)

1) Comme ça, sans réfléchir, tu écris le nom d'un animal.
2) ça y est ? alors tu écris le nom d'un autre animal...puis d'un troisième.
3) En face de chaque animal, tu écris ce qui te vient à l'esprit quand tu penses à cet animal.

4) C'est fait ?

Ce cours nous sert en fait à comprendre comment fonctionne l'humain. Tu peux imaginer que tu es un iceberg : la partie qui dépasse de la surface de l'eau, ce sont les 10% de Conscient qui te régissent. La partie immergée de l'iceberg représente alors les 90% d'Inconscient qui font le reste.

Revenons-en à nos trois animaux :

le 1er représente l'image que tu as de toi, le second l'image que tu crois que les autres ont de toi, et le troisième l'image que tu aimerais que les autres aient de toi...
ouais, bizarre.
Pour moi, ça donnait : "attendrissant", "fidelité", "intelligence"...

J'en arrive au deuxième exercice.

1) tu écris 6 phrases commençant par "Je devrais"
2) tu complètes ces phrases par "parce que"...et tu mets pourquoi tu devrais faire ci ou ça, ce que ça t'apporterait

3) Quand c'est fait, tu remplaces "je devrais" par "je ne veux pas"...et tu relis tes phrases..en essayant de voir ce que ça te fait ressentir. Ce "je ne veux pas" représente un ou des objectifs inconscient(s) qui t'empêchent de faire ce que tu "devrais" faire. En gros, si tu devais faire quelque chose, tu l'aurais déjà fait depuis longtemps si cet objectif inconscient ne t'en empêchait pas.

Là où j'ai été perturbée, c'est que tous mes "je devrais" étaient en lien avec ma réalisation personnelle, ma façon d'avancer dans la vie.. et ça m'a fait remonter plein de choses à la tête.
Mes changements d'orientation scolaire, mon impression de ne pas savoir ce que je veux... la procrastination chronique qui est mienne.
Et je réalise que j'ai peur.
Peur de l'échec.
Si je m'y prends au dernier moment pour tout c'est que c'est plus simple de se dire "en m'y prenant plus tôt j'aurais fait un truc d'enfer" que de prendre le risque de faire les choses bien et de ne pas les réussir. Et plus j'avance, plus ce mode de fonctionnement est flagrant. Je fonctionne comme ça, sur toutes les facettes de ma vie...et je passe à côté d'un paquet de choses à cause de ça...
Je n'arrive pas à savoir ce que je veux, comme si j'étais coincée devant la porte de moi-même et que j'avais perdu la clef...
Je suis une spécialiste de la perte de clefs..et jusqu'ici je n'ai jamais eu à passer la nuit dehors..alors je ne désespère pas ;)

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Doudadidadou.. je suis impressionnée par ta capacité d'auto-critique, Chapeau! En tant que procrastinatrice de premier ordre, ton post m'a parlé. Et j'ai pas pu m'empêcher .. Wala mes résultats du "test" des animaux chez moi: "oisive"(le chat) en prumch, l'"hibernation" en second (l'ours), et la "force" en dernier (le lion).
Bulle va te donner les siens.. Sisi, viens, viens.. explique lui pourquoi la looutre!

Kanou a dit…

Ergl... je me retrouve un peu aussi dans ce que tu dis... pour la première partie du test, j'ai choisi "indépendance" (chat), "fidélité" (chien) et "sauvage" (cheval)... et ça n'est pas faux. Pour la seconde partie du test, je ne vais pas m'allonger sur le divan, mais la peur (consciente ou inconsciente) de l'échec est très présente depuis que j'ai arrêté ma thèse il y a 3 ans, et que j'ai décidé de faire autre chose de ma vie, personnelle et professionnelle.
Au début, ça m'a complètement déstabilisée. Et puis, avec le temps, je me suis rendue compte que cette "peur" ne devait pas forcément être handicapante, mais plutôt bon signe... le pouvoir de remise en question doit devenir une force plutôt qu'une faiblesse. Et tant que la procrastination n'est que "chronique", tout n'est pas perdu !
Dans ta vie d'étudiante, peut-être que c'est tout simplement ton orientation qui ne te convient pas... ou seulement cette façon de travailler qui t'est imposée.
Bon. Et si ça te turlupine vraiment trop, un petit passage sur le divan (sans t'offenser, hein ?) pourrait peut-être t'aider à avancer mieux ?

Greenouille a dit…

Yaguaar Je savais qu'on en apprendrait beaucoup avec ce billet. Buuuuuuuuuulle ? C'est quoi cette histoire de loutre ?! ;)

Kanou Point d'offense. J'y pense sérieusement; pas forcément à faire une psychanalyse, mais peut-être à trouver quelqu'un qui, objectivement, m'aiderait à y voir plus clair..

Kanou a dit…

Euh oui, je pensais plus au divan d'un thérapeute que celui d'un analyste en fait !

Val tilu a dit…

Tu me rappelles beaucoup moi ,à ton âge... envie d'un tas de choses et peur de se donner les moyens de le faire jusqu'à ne plus savoir du tout ce qu'on veut... Je te rassure, il arrive un moment où les choix se font tout seuls ou induits par le contexte, les rencontres, la vie... Du fond de mon grand âge, je me demande toujours si j'ai fait les bons... Il y a dans ma vie des choses que je n'échangerais pour rien au monde et dont je suis très fière et y'en a d'autres que j'ai des fois l'impression d'avoir laisser passer .... et il y en a quelques unes que j'essaient de rattrapper maintenant.... Le pire serait une vie où on ne se pose pas de question et une vie où on n'a aucun choix , et ça , n'avoir aucun choix c'est terrible et triste.... mais apparemment ce n'est pas ton cas... et tant mieux.